Prééclampsie : un signal d’alerte pour la santé des femmes

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Prééclampsie : un signal d’alerte pour la santé des femmes

Prééclampsie : un signal d’alerte pour la santé des femmes

La prééclampsie reste l’une des principales causes de complications pendant la grossesse. Elle se manifeste par une hypertension après 20 semaines, associée à une atteinte d’organe (protéinurie, atteinte hépatique, troubles neurologiques, retard de croissance fœtale). Elle concerne environ 2 à 8% des grossesses et expose à un risque accru de morbidité materno‐fœtale.

On sait désormais qu’un épisode de prééclampsie est aussi un marqueur de risque cardiovasculaire à long terme pour la mère (hypertension chronique, maladie coronarienne, AVC). Elle doit donc être considérée comme un signal d’alarme qui impose un suivi au‐delà de la grossesse.

Les recommandations récentes insistent sur une prévention mieux ciblée : l’aspirine à faible dose n’est pas destinée à toutes les femmes enceintes, mais réservée à celles à haut risque (antécédent de prééclampsie, hypertension artérielle chronique, diabète, maladie rénale…), après avis médical et débutée précocement pendant la grossesse. Parallèlement, les biomarqueurs angiogéniques (comme le ratio sFlt‐1/PlGF) permettent d’affiner le diagnostic et d’identifier plus précisément les situations à haut risque, principalement dans les centres spécialisés.

Après la naissance, le suivi ne doit pas s’arrêter. Avoir présenté une prééclampsie justifie un contrôle régulier de la tension artérielle, des facteurs de risque cardiovasculaire et un accompagnement sur l’hygiène de vie. En Tunisie, comme dans de nombreux pays du Maghreb, la prééclampsie reste une cause importante de complications materno‐fœtales, en particulier dans ses formes sévères prises en charge en milieu hospitalier, ce qui renforce l’importance du dépistage précoce et du suivi post‐partum.

Les professionnels de santé de première ligne, médecins, sages‐femmes, pharmaciens et préparateurs, ont un rôle clé : repérer les facteurs de risque, reconnaître les signes d’alerte (céphalées intenses, troubles visuels, œdèmes soudains, douleurs épigastriques, prise de poids rapide) et orienter rapidement les patientes en cas de doute, puis participer à la prévention cardiovasculaire à long terme.

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